Dimanche 21 décembre 2008
Petit résumé de l’histoire de la crèche.
De l’Italie à la Provence
Une nuit de 1223, à Greccio en Italie, St François d’Assise
fit préparer une crèche vivante dans une étable (crèche vient du latin Gripia = mangeoire). Il y installa un âne, un bœuf et convia chacun à célébrer la Nativité. Cette tradition gagna toute
l’Italie, et dès la fin du XIIIème siècle la Provence.
Des crèches d’églises aux crèches familiales
Aux personnages de la Nativité (Sainte-Famille…) viendront s’ajouter les bergers puis au XIXème siècle les personnages populaires. Fin XVIIème, pour faire reprendre le chemin des
églises aux fidèles qui les avaient désertées suite à la Réforme protestante, les crèches d’églises se multiplient. De personnages en bois sculpté et doré, on passe à des figurines en
carton-pâte, en liège, en mie de pain, en cire ou en fil de fer (revêtu d’étoffes) ou bien encore en verre filé et porcelaine.
Fin XVIIIème, les crèches publiques apparaissent en Provence, elles mettent en scène des marionnettes.
Les crèches familiales quant à elles vont se développer à la Révolution. En effet, la suppression de la messe de
minuit en 1789 et la fermeture des églises en 1794 n’arrêtent pas la ferveur des Provençaux qui fabriquent chez eux des « crèches publiques » qu’ils font visiter moyennant « deux
sols ».
Les « Santons de Provence » et leur symbolique
Après les « Santi Belli » de la région de Naples (« beaux Saints » en Italien), les santons de Provence
« Santoun » (« petits Saints » en Provençal) firent leur apparition fin XVIIIème. Le premier moule fût réalisé en 1797 par le Marseillais Jean-Louis Lagnel.
La crèche devient la parfaite représentation du village provençal avec son pont, son moulin, ses métiers…
Ainsi, autour de la Sainte Famille, de l’âne et du bœuf, et du « Nistoun » (enfant Jésus) le 25 à minuit,
on retrouve :
- L’ange « Boufareu » qui s’époumone à répandre la bonne nouvelle
- Les bergers, premiers témoins de la naissance de l’enfant divin
- Les Rois Mages : Melchior, Balthazar et Gaspard, qui représentent les trois continents connus à l’époque
(Europe, Asie, Afrique). Ils arrivent guidés par l’étoile mystérieuse le 6 janvier, jour de l’Epiphanie et apportent : l’or, l’encens et la myrrhe
- Le meunier, la marchande de poissons, la laitière, la fileuse (métiers portant les offrandes)
- Le Ravi (protégé des fées) qui lève les bras au ciel (placé devant, il porte bonheur)
- Le Pistachier, garçon de ferme un peu simplet
- L’Aveugle (qui retrouvera la vue le soir de Noël) et son fils
- Le Remouleur (« L’amoulaïre ») aiguise sur sa meule les couteaux. On lui remplit la gourde de vin en
guise de paiement (il arrêtera de boire le soir de Noël)
- Les vieux Jourdan et l’acariâtre Margarido qui retrouvera un bon caractère le soir de Noël
- Les vieux Grasset et Grasseto, couple tendrement uni et sentimental
- Le Bohémien (« Boumian »), qui représente les gens du voyage. Il est mis en référence au pèlerinage
biannuel des Saintes Maries de la Mer où il vient adorer Sara la servante noire
Enfin, il y a également les anachroniques :
- Le Maire en costume d’apparat, ceint de l’écharpe tricolore, affolé face à cet évènement qui le dépasse
- Le chasseur, blagueur invétéré, le feutre sur l’oreille et la gibecière, portant un fusil
Depuis, la crèche s’est enrichie de bien d’autres personnages parmi lesquels : Raimu, Fernandel, Bourvil…
La crèche est donc devenue au fil des siècles le reflet de la société.
Jocelyn PLANELLES
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