Des compétences clefs au S.A.N, mais que reste t-il aux communes membres, ISTRES par exemple ?
Depuis maintenant plus de trente ans, le pouvoir sur les territoires d’ISTRES, FOS, MIRAMAS… est concentré au sein du très puissant Syndicat d’Agglomération Nouvelle « Ouest Provence ».
Quoi de plus normal puisque cet établissement détient les compétences phares de notre territoire, ne laissant aux conseils municipaux des 6 communes le composant qu’un champ d’action réduit.
En effet, le S.A.N est compétent :
- Pour la programmation et l’investissement dans les domaines suivants : développement économique, urbanisme et aménagement du territoire, transports, réseaux divers et création de voies nouvelles, traitement des déchets (compétences légales),
- Pour la gestion des équipements et des services qui sont attachés, reconnus d’intérêt général et qui figurent à l’inventaire des équipements existants ou en voie de réalisation à savoir la culture, l’environnement, la cohésion sociale, le sport communautaire (compétences déléguées par les conseils municipaux des communes membres).
Le fait que le S.A.N porte l’essentiel de l’investissement, soulage grandement les budgets communaux et devrait en théorie alléger les impôts locaux ce qui n’est pas le cas pour Istres où ils se sont envolés.
Ceci étant, les villes restent tout de même compétentes en matière d’éducation, sport, enfance, séniors, social (C.C.A.S), tourisme, manifestations, sécurité (police municipale), services administratifs à la population (état civil, élections…), cimetières…
Finalement, que les compétences soient Mairie ou S.A.N, est-ce bien là l’essentiel du problème ?
En effet, les délégués du S.A.N qui siègent au comité syndical (équivalent du conseil municipal pour les communes) sont issus des équipes majoritaires des six conseils municipaux. Attention, des non élus, désignés à la discrétion des Maires y siègent également, cela surprend mais le statut des S.A.N le prévoit.
Ces élus ne peuvent qu’approuver les délibérations du comité syndical concernant leurs communes, et ce d’autant que ces décisions ont été voulues par eux.
De même, on voit mal les délégués du S.A.N s’opposer à une délibération concernant une ville dans laquelle ils ne sont pas élus.
Dans ces conditions, quelle place est donnée à l’intérêt communautaire, qui devrait pourtant toujours présider aux décisions du S.A.N.
L’absence d’opposition au S.A.N, au cœur du problème ?
En gros pas d’opposition, voilà pourquoi le fameux jet d’eau va voir le jour dès décembre sans aucun problème puisqu’il s’agit d’un investissement S.A.N qui n’a donc pas pu faire débat dans l’enceinte du conseil municipal de la ville concernée où siège une opposition.
Finalement, c’est plus l’absence de représentants de l’opposition des six villes au comité syndical qui fait défaut dans le dispositif S.A.N que le fait que ce dernier détienne des compétences clefs.
S.A.N = 6 conseils municipaux réunis sans opposition ?
Equation redoutable, n’est-ce pas !
C’est en ce sens que le statut de cet établissement public est largement dépassé.
L’avenir est dans le statut de la « Communauté d’Agglomération » où siègent de droit des élus d’opposition de chacune des villes membres et où les élus sont obligatoirement conseillers municipaux.
A quand donc la transformation ?
Pour l’heure, la loi n’oblige pas les cinq S.A.N restant à se transformer en Communauté d’Agglomération.
L’étape ultime sera l’élection au suffrage universel direct des élus de ces communautés et par voie de conséquence, du Président de l’intercommunalité, mais d’ici là les poules auront certainement des dents.
Jocelyn PLANELLES
N.B : pour mémoire le Syndicat Communautaire d’Aménagement fût créé par décret du 11/08/72, il se transformera en Syndicat d’Agglomération Nouvelle le 12/07/84
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