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REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN

REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN

Vie de la Cité, patrimoine d'ISTRES et ENTRESSEN


ISTRES, Cité de l’Air par excellence - Base Aérienne 125 notre trésor !

Publié par REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN sur 27 Mai 2016, 20:16pm

Mystère - Entrée principale de la BA 125

Mystère - Entrée principale de la BA 125

A l'occasion du prochain meeting de l'Air à la Base Aérienne 125 les 4 et 5 juin prochains, je vous propose un retour sur les grands moments de l'histoire de l'aviation à ISTRES (article paru le 9/01/14).

Déjà 100 ans d'histoire de l'aviation à ISTRES en 2017

L’année 1917, année tournant de la 1ère guerre mondiale (retrait des Russes et entrée des Américains) sera aussi une année tournant pour Istres avec l’implantation au « Mas du Tubé » d’une école d’aviation qui formera pour les seules années 1917-18 : 2770 pilotes pour les besoins de la guerre.

C’est le début de l’épopée fantastique de l’aviation avec dès les années 20-30 une base qui sera le théâtre de prouesses aériennes. Parmi nos étoiles de l’air : Marcel DORET, Jean MERMOZ qui réalisera en 1933 un aller retour Istres-Buenos Aires, et bien d’autres téméraires des airs.

1950, l’aéronautique istréenne acquiert une dimension industrielle avec l’implantation du Centre d’Essais en Vol - CEV, complexe consacré aux vols de prototypes et essais en vols officiels pour la mise au point des cellules et moteurs, prototypes civils ou militaires. La liste des pilotes d’essais est bien longue, parmi eux Jacqueline AURIOL, première femme pilote d’essais et première Européenne à franchir le mur du son en 1953.

Le CEV accueillera en 1962 la célèbre Ecole du Personnel Navigant d’Essais et de Réception - EPNER dont il n’existe aujourd’hui que deux écoles analogues dans le monde et dont l’expertise est internationalement reconnue. Des pilotes de toutes les nationalités y sont brevetés régulièrement.

La Société Dassault Aviation s’implantera elle aussi dans les années 60 sur la base pour opérer les vols de développement de ses avions : Mystère 10, 20, 50, Jaguar, Alphajet, Mirage F1 et 2000, Atlantique 2 et Rafale. Dassault est depuis devenu une institution phare qui contribue grandement à l’image d’Istres sur la scène aéronautique internationale.

Autre industriel notoire, la Société Européenne de Propulsion – SEP (devenue successivement SNECMA et SAFRAN) qui choisira Istres en 1969 comme lieu d’implantation de son unité consacrée à la propulsion aéronautique et spatiale (site hors enceinte militaire).

Enfin, la base vivra également de belles heures dès 1969 avec l’unité de fabrication en série de l’avion de passagers « Dassault Mercure 100 », avion commercial qui ne connaîtra pas la prospérité car né en plein choc pétrolier et dans un contexte de concurrence internationale rude. Seuls 10 exemplaires seront produits et acquis par Air Inter. Le « Mercure 200 » quant à lui ne verra jamais le jour mais les plans préfigureront ceux du futur Airbus A320. Enfin, sachez que l’immense hangar « Mercure » a été acquis par le SAN Ouest Provence pour les besoins du futur pôle aéronautique.

Pour plus d’informations sur l’histoire aéronautique à Istres, vous pouvez vous rapprocher du Conservatoire du Patrimoine Aéronautique Istréen qui tient des permanences sur la BA 125.

BA 125, une base hors norme fascinante

Ses caractéristiques physiques rendent cette base unique en son genre : 500 bâtiments répartis sur 2100 hectares, une piste de 5000 mètres, la plus longue d’Europe, idéale pour les essais en tous genres dont ceux du super porteur « Airbus A380 » et qui, cerise sur le gâteau, figure parmi les pistes de secours de la NASA pour la Navette américaine.

Base souvent qualifiée de hors norme, la BA 125 s’inscrit dans une plateforme aéronautique spacieuse et opérationnelle et se distingue par son cadre interarmées (armée de l’Air, armée de Terre avec le Génie notamment…) et ses dimensions interministérielle et internationale mais aussi par la diversité des unités accueillies ou soutenues soit 70 unités civiles et militaires, industrielles et étatiques comptant un effectif de 5000 personnes dont 4000 du ministère de la Défense.

Base à vocation nucléaire, elle est la seule emprise à posséder le triptyque de la composante de dissuasion nucléaire aéroportée : le Missile Air-Sol Moyenne Portée Amélioré (ASMP-A), les porteurs Mirage 2000N, et les avions ravitailleurs Boeing C-135FR.

Point de départ de nombreuses opérations extérieures, la première escale aérienne militaire de France est apte à recevoir tout type d’appareil : 30000 passagers par an et 7500 tonnes de fret, convoyages d’aéronefs de combat OTAN et UE.

BA 125, fierté de toute une ville et source de prospérité économique

La Base Aérienne 125 et ses milliers de civils et militaires honorent notre ville depuis des décennies et contribuent en grande partie à l’essor économique de la ville.

Istres est bel et bien une « Cité de l’Air par excellence », à l’instar de Salon, Marignane, Brétigny-sur-Orge.

C’est une évidence mais chez nous, les Municipalités (à quelques rares exceptions) n’ont pas su saisir l’opportunité de développer ce formidable potentiel militaire et aéronautique tant en termes d’économie locale que d’image pour la ville.

L’Oratoire : l’hôtel-restaurant qui aurait pu devenir le musée de l’aviation

Je terminerai par un hommage mérité à mes anciens voisins et amis aujourd’hui disparus : Marie et Albert KOESSLER qui ont tenu de 1947 à 1973 l’hôtel restaurant l’Oratoire. Un lieu mythique où venaient se restaurer les personnels du CEV, de DASSAULT, parmi lesquels des pilotes d’essais très célèbres : Jacqueline AURIOL, Constantin ROZANOFF, Charles MONIER qui donnera son nom à la base, René BIGAND, les chefs pilotes de chez DASSAULT Jean COUREAU et Jean-Marie SAGET pilote du G8 (avion Géométrie variable), Jean-François CAZAUBIEL Directeur des Essais en Vol chez DASSAULT et bien d’autres ingénieurs-pilotes de renom, sans oublier Marcel DASSAULT, un patron d’une grande simplicité qui ne manquait pas de venir saluer Marie en cuisine.

Bien plus qu’un Maître d’Hôtel, Albert appelé aussi « Le Gouverneur » par ses clients, était un passionné d’aviation. Une passion si forte que de nombreuses photos et maquettes d’aéronefs ornaient les murs et plafonds du restaurant tandis que sur le conduit de cheminée nous pouvions lire les noms de tous ces grands pilotes morts lors d’essais en vol.

Si cet hôtel restaurant était toujours debout, il serait le lieu idéal pour accueillir le Musée de l’Aviation que nous n’avons jamais eu malgré les demandes répétées d’anciens militaires et civils de la Base, qui d’ailleurs se sont pour nombre d’entre eux pleinement investis dans ce magnifique projet mais en vain car ils n’ont pas eu d’écho en haut lieu.

Il reste bien sûr d’autres lieux propices parmi lesquels le Pavillon Grignan, ancienne propriété d’André TURCAT, premier pilote d’essais sur Concorde.

Ceci étant, restons optimistes et misons sur l’ouverture d’un Musée de l’Air en 2017 à l’occasion du Centenaire de l’aviation à Istres. L'échéance est proche !!!!!

Jocelyn PLANELLES

 

NB : l’ensemble des données condensées dans cet article proviennent du site officiel de la BA 125, de témoignages d’anciens militaires et civils de la base et de recherches personnelles.

 

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Annie CLERC-Lilamand 28/05/2016 07:42

Commentaire vivifiant et riche, avec en sus, la référence au Conservatoire du Patrimoine Aéronautique de la BA 125.
A nous de veiller encore sur cette mémoire de haut vol.

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