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REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN

REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN

Vie de la Cité, patrimoine d'ISTRES et ENTRESSEN


EXCLUSIF ! L’Interview de Robin PRETOT, Conseiller Municipal d’Opposition

Publié par REGARDS SUR ISTRES ET ENTRESSEN sur 14 Octobre 2015, 19:46pm

Comme annoncé récemment, voici les propos recueillis auprès de Robin PRETOT, Conseiller Municipal d’Opposition à la majorité municipale.

 

Jocelyn PLANELLES : Voilà plus d’1 an maintenant que vous êtes au conseil municipal, comment vivez-vous cette nouvelle expérience ?

Robin PRETOT : Effectivement j’ai la fierté d’être conseiller municipal de cette ville qui m’a vu grandir ; c’est un mandat que je prends très au sérieux et qui m’apporte un autre regard, plus précis tout en étant global, sur les défis de la commune. C’est très formateur.

 

J.P : Vous êtes de l’opposition, cela ne fait-il pas de vous un « béni-non-non » ?

R.P : Il est clair que dès l’origine je n’approuve pas le projet et la vision du maire que j’estime destructrice pour notre cité et décalée par rapport aux vraies attentes. Néanmoins, avec mon collègue Michel LEBAN, nous avons d’emblée posé les bases d’une opposition qui porte à nouveau son nom mais qui ne tombe pas dans l’obstruction ni le refus systématique. En fait, mon opposition est simple : constructive mais pas connivente, réfléchie mais pas démagogique, virulente sans être agressive.

 

J.P : Avez-vous un exemple de cet aspect constructif ?

R.P : Bien sûr ! J’ai, par exemple, félicité publiquement la municipalité sur la mise en place des « jeudis étoilés », réinvention moderne des festines. C’est un succès et il faut savoir reconnaître les réussites. Mais, il a fallu que le maire détourne ce soutien en en faisant un blanc-seing pour tous ses projets pour gâcher cette démarche.

Or, l’opposition constructive appelle une majorité humble. Je repasserai pour cette-dernière.

Mais vous savez, le travail d’opposant que nous faisons est sain et profondément nécessaire. Car cela force la majorité à une rigueur qu’elle ne s’imposait pas. Personne n’aurait rien su des dépenses excessives faites par exemple au Pavillon de Grignan, où l’on achète du mobilier contemporain de luxe (ex : 3000€ une table basse), si je ne l’avais pas dénoncé en séance. C’est ce qu’on appelle la transparence, et c’est l’opposition qui en est la clé.

 

J.P : C’est d’ailleurs un sujet sur lequel vous vous êtes spécialisé : les finances et le budget de la ville. Quel est votre état des lieux ?

R.P : C’est catastrophique ! Je suis membre de la commission des finances, mes études de Droit orientées sur l’administration publique m’ont codifié des compétences que je mets en oeuvre avec passion sur ces sujets. Mais la réalité est terrifiante, les Istréens ne se doutent pas que nous sommes assis sur une bombe à retardement financière et fiscale. Les effectifs réels de personnel (près de 1800 agents selon-moi) sont les mêmes que pour une ville comme Aix-en-Provence qui compte… 130 000 habitants ! Le dernier exercice budgétaire est à nouveau déficitaire, la dette est à un niveau historique (plus de 25 millions d’€), les dépenses sont insensées tant sur les avantages des élus et du cabinet que sur le mobilier que l’on achète dans des gammes de luxe.

 

J.P : Pourtant le maire d’Istres se dit serein et ce, malgré l’inspection en cours de la Chambre Régionale des Comptes.

R.P : Une sérénité de façade. C’est d’ailleurs moi qui ai dévoilé la venue des magistrats de la chambre et je ne suis pas certain de la sincérité du maire quand il dit qu’il allait en faire l’annonce au prochain conseil. Néanmoins, j’ai transmis à la chambre les informations dont je dispose et lui ai fait une note sur les dangers qui, à mon avis, nous guettent. Je reste convaincu que le rapport final va être très critique, je ne m’en réjouis pas, mais nous embauchons et dépensons sans avoir les moyens de nous le permettre.

À terme, l’addition va être salée… et ce sont les istréens qui vont trinquer !

 

J.P : Vous soutenez également que la municipalité a augmenté les impôts alors qu’elle parle de 14% de baisse ?

R.P :  C’est un mensonge éhonté ! Le SAN a augmenté ses taux d’imposition pour s’aligner avec la Métropole, beaucoup de villes avant nous ont décidé de neutraliser cette hausse par une baisse des taux communaux. Sauf que le maire d’Istres n’a pas baissé les taux d’autant qu’ils augmentaient de l’autre côté, résultat : il grappille une légère augmentation d’impôt en la faisant passer pour une baisse. Il suffira de comparer ses fiches d’impôts d’une année sur l’autre pour le constater.

 

J.P : Comment se passent alors vos rapports avec le Maire ?

R.P : Comme toute personne, je le respecte. Mais les relations sont souvent tendues, pas seulement parce que nous n’avons pas les mêmes convictions, mais parce que M.BERNARDINI est profondément despotique dans son attitude. Istres est un laboratoire de l’anti-démocratie. Avec un comportement envers l’opposition qui va de la condescendance à l’injure - Il m’avait traité de « merdeux » en conseil municipal. Tout ceci ne permet pas un climat de débat serein.

 

J.P : Et avec les autres oppositions ?

R.P : C’est forcément plus facile, nous sommes dans la même situation et nous avons une vision assez identique de la gestion municipale. Nous avons malgré tout nos différences mais il m’arrive de trouver que l’opposition de gauche mène parfois de bons combats. En ce qui concerne le FN, il joue parfois son rôle en séance dans les limites de notre statut d’opposant mais leur leader qui gère sa carrière politique n’est jamais à Istres (sauf pour les élections). Celui qui en parle le mieux reste le maire qui n’a d’yeux que pour eux ! il est leur meilleur chargé de communication ! (rires)

 

J.P : Quels sont les dossiers qui vont vous occuper pour les prochains mois ?

R.P :  Les finances d’abord, avec le futur rapport de la Chambre Régionale des Comptes ; l’urbanisme avec la révision du PLU retoqué en partie par la Justice ; mais aussi le sort du club de football qui est un suicide-assisté du SAN et de la ville après l’avoir subventionné à hauteur d’1 million d’euros par an (!) et ce, sans que personne ne soit intervenu pour dire : « Maintenant ça suffit ! Il s’agit d’argent public ! ».

Enfin et surtout : la métropole. Avec le sort que l’on réserve aux agents du SAN et qui sont dans un brouillard inacceptable. Je ne tolèrerai pas le nivellement par le bas pour ceux qui passeront à la ville et qui sont menacés de perdre 2000€ de pouvoir d’achat par an. Quand on est catégorie « C » payé entre 1200 et 1500€ maximum, c’est un trou considérable dans le budget d’une personne et d’une famille.

 

J.P : Une rentrée chargée alors !

R.P : Exact ! Les dossiers ne manquent pas et je continuerai d’être sur le terrain… pas seulement qu’en période électorale comme on le reproche aux élus ! Moi je suis là en permanence au contact des gens.

 

EXCLUSIF ! L’Interview de Robin PRETOT, Conseiller Municipal d’Opposition

Commenter cet article

Dominique 15/10/2015 20:36

Le maire se heurte à une véritable opposition... Une opposition constructive pour les Istreens que nous sommes'...Robin est bien parti , sans travail on arrive à rien, du terrain et de l information ....voilà ce qu'il manquait aux Istreens....félicitations Robin

fiat lux 15/10/2015 16:56

Merci de cet éclairage net, vu l'opacité dans laquelle nous nous trouvons, pauvres Istréens lambda. En 1981, grâce à Mitterrand, nous étions passés des ténèbres à la lumière ... (dixit Lang et consort). Puisse à Istres être pareil en 2015 .... toute proportion gardée bien sûr et avec humour ...

Annie CLERC 15/10/2015 07:15

Si on veut bien analyser la situation, on constate hélas qu'à Istres nous sommes "assis sur une bombe à retardement". Mais il y a une telle menace d'oppression, physique ou psychologique, que les Istréens n'osent dénoncer les abus.
Merci, Robin!

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